Grossesses adolescentes

Il n’y a pas à dire, les grossesses chez les adolescentes sont à la mode !

 Depuis l’été, la chanson « Aurélie » du Colonel Reyel est LE tube chez les adolescentes.  «Aurélie n’a que 16 ans et elle attend un enfant
ses amis et ses parents lui conseillent l’avortement
elle n’est pas d accord, elle voit les choses autrement
elle dit qu’elle se sent prête pour qu’on l’appelle maman»…  
Le clip vidéo a été visionné presque 9 millions de fois !

A la télévision, les séries et téléréalités, venues pour l’essentiel des états unis et d’Angleterre, narrant l’histoire de jeunes filles mamans à 16 ou 17 ans se multiplient. Et elles font un tabac. Récemment, la nouvelle émission de France 2 intitulée « Réunion de  famille » traitait de ce sujet.

La « mode » nous viendrait donc d’outre manche ou d’outre-Atlantique. Là-bas, les grossesses adolescentes sont de plus en plus fréquentes. En France, elles seraient quand même 18.000 à être mineures et enceintes chaque année. La plupart vont avorter : 13500 IVG sont pratiquées chaque année chez des mineures en France. Ce sont donc environ 4500 adolescentes qui donnent naissance, chaque année, à un enfant dans l’hexagone. En Grande-Bretagne, c’est quatre fois plus, et aux Etats-Unis, dix fois plus. Et les pouvoirs publics s’inquiètent.

Le phénomène est déroutant. D’autant que, dans de nombreux milieux, la réussite sociale s’imagine plutôt avec un bébé à 35 ou 38 ans, après avoir réussi ses études puis le démarrage de sa carrière professionnelle.

Ces adolescentes enceintes ne le sont pas par erreur, elles le sont par fierté. Et si elles cachent leur grossesse au début, ce n’est pas par déni. C’est parce qu’elles savent très bien que tout le monde va leur conseiller l’IVG. Certaines d’entre elles témoignent d’ailleurs de pressions extrêmement fortes de la part de leur entourage et particulièrement de la famille la plus proche.  

Pourquoi ces adolescentes, souvent immatures, veulent-elles être mamans ? Sans doute, certaines veulent tester leur fertilité. D’autres semblent vouloir combler des carences affectives. D’autres encore ont avant tout besoin d’être reconnues. Avoir un bébé leur donne un statut, leur permet de passer à l’âge adulte.

Ces grossesses précoces inquiètent donc les médecins, les services sociaux, les pouvoirs publics, les enseignants …légitimement ! Car ces grossesses posent des problèmes sanitaires. Mais elles posent évidemment et avant tout des questions éducatives.

La plupart des actions de prévention engagées par tous ces acteurs plus ou moins institutionnels semblent vraiment inappropriées : ils proposent plus encore d’éducation sexuelle chez les plus jeunes. Et toujours plus de contraception, contraception qui pourrait même devenir anonyme et gratuite pour les mineures.

D’autres pistes sont donc à explorer, d’urgence.
-         bloquer radicalement l’accès à la pornographie qui perturbe gravement de nombreux jeunes (et moins jeunes) dans leur sexualité,
-         ne pas imposer aux plus jeunes, au prétexte d’éducation sexuelle, une immersion dans une sexualité qui n’est pas de leur âge,
-         éduquer à des relations plus saines entre adolescents en assurant une prévention de la sexualité juvénile ;
-         et enfin, pour celles qui sont enceintes, leur permettre d’accueillir leur enfant dans les meilleures conditions possibles.